Chronique ouvrière

Une QPC contre un OJNI (la privation des congés payés en cas de faute lourde) vient d’être élevée à l’occasion d’un pourvoi

jeudi 3 décembre 2015 par Alain HINOT
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Cass Soc le 2 décembre 2015.pdf

L’on sait que lorsque un employeur prononce un licenciement pour faute lourde, l’art. L 3141-26 CT lui permet de s’accaparer les droits à congés payés du salarié de l’année en cours, alors qu’en cas de faute grave l’indemnité compensatrice de congés payés est due.

La Cour de cassation vient, à juste raison, de renvoyer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au Conseil constitutionnel sur cette question qui mérite effectivement d’être remise sur "le métier".

Il s’agit en effet d’une sorte de compensation légale qui choque l’intelligence, car elle vise à punir le salarié d’avoir voulu prétendument nuire à l’employeur en indemnisant ce dernier de façon forfaitaire sans jugement et donc sans constatation et évaluation d’un préjudice.

Un véritable OJNI (objet juridique non identifié), comparable à l’indemnité forfaitaire d’origine prétorienne équivalente au préavis due à l’employeur par un salarié démissionnaire qui refuse d’effectuer son préavis.

Le Conseil dispose de 3 mois pour statuer.


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